Le défi- “To be or not to be on line”

Ma présence en ligne est un défi. J’ai eu à me poser la question au sujet de ce que je présente et « ce » sur quoi je me représente, le médium. Le culte de l’image est en vogue. On dit qu’ « une image vaut mille mots ». Est-ce bien vrai? On cherche un psychologue à partir d’une photographie. Que reste-il de la puissance de la rencontre en « vrai »? N’oublions pas que la rencontre est à la fois multi sensorielle (donc plus qu’un sens) mais également qu’elle suscite, excite bien des mémoires, des souvenirs parfois, des fantasmes et aussi notre inconscient.

Que les psychanalystes me pardonnent car j’entre ici, par le web, d’une certaine manière, dans ce que l’on appelle parfois la perversion. En m’affichant sur l’internet, par ma photographie, vous aurez peut-être l’impression que je cautionne cette époque du « tout voir » et du narcissisme, que je m’y soumets. Vous aurez aussi peut-être l’impression d’un bris au niveau de l’intimité, de la confidentialité tant face à moi-même en me dévoilant (de façon contre-transférentielle), que face au patient (ne pas agir dans le réel pour ne pas influencer le transfert et ainsi se priver de pouvoir s’en servir). La question que vous pourriez soulever: est-ce que je prive ou non, mon patient, d’une part de fantasmes avant la rencontre? Je vous réponds, peut-être, d’une certaine manière, mais je ne vois pas d’autres alternatives pour promouvoir une approche en profondeur telle que la psychanalyse. De plus, ne devons-nous pas « être » dans notre époque? Connaître les codes culturels, se les approprier, peut aussi être une façon de jouer. Sur ce site web, je désire utiliser ces codes « for the greater good », faire la promotion de la psychanalyse, dire que cette approche existe encore, même si elle ne fait plus partie du paysage social au Québec. Pourquoi priver le public de la méthode psychanalytique en ne s’affichant pas sur le web? Je désire à ma façon (puisque je suis une inconnue du public et que je ne publie rien ni ne donne de conférences), me donner un lieu de parole sur la place publique. Je désire aussi sans doute, me dresser contre la pêche aux patients analytiques facile (je fais référence ici aux patients qui connaissent la psychanalyse). La plupart de nos patients ne connaissent pas les approches en psychologie ou en psychanalyse. Il faut donc faire de l’éducation au public. La psychanalyse est la seule approche qui s’intéresse à la solastalgie (mal du pays sans exil ), à l’écoanxiété, à la débauche pulsionnelle que l’on observe dans l’hyperconsummérisme.

Enfin, je désire aussi mettre en garde les patients face au traitement miraculeux, faciles et rapides, car il n’y a pas de cure facile, il n’y a pas de réponse simple à des problèmes complexes.

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